02 septembre 2007
Fictoire !!!
J'en ai ch... des bulles (papales), mais finalement... in ze pocket ! Je suis de retour, et je vous préviens : ça va barder !!! (Enfin, p'têt pas tout de suite...)
24 août 2007
One degree a week keeps the doctor away (tiens, ça ne rime plus !)
Mes agneaux, mes gazelles, mes lectrices et lecteurs chéris,
-stop-
Je vous abandonne pendant une petite semaine -stop-
Une affaire de la plus haute importance à régler quelque part entre la France et la Suisse -stop-
Espère vous retrouver intacts à mon retour -stop-
Bien à vous -stop-
Votre docteur -stop-
Nebulosus Ffolkes -stop-
-stop- -stop-
Bon, en fait, pour tout vous dire, je rejoins le centre de formation de la Croix-rouge pour passer un ultime diplôme, celui qui me permettra (si je l'obtiens, évidemment) de former les équipiers secouristes qui, demain, peut-être, viendront vous porter secours. Si je réussis, j'aurais atteint le dernier objectif que je m'étais fixé dans ce domaine. C'est vous dire si je ne ressens aaaaaaaaaaaaaaaabsolument aucune pression...
En attendant, prenez soin de vous. Je vous embrasse (allez hop ! Tournée généreuse !).
Et soyez sages, hein, je vous ai à l'oeil ! (Et même les deux)

26 juin 2007
Dansons la carmagnole, vive le son du canon !
Bon, comme promis, et parce que je vous sens un peu fébriles (ne me dites pas le contraire, je vous VOIS !), voici la suite de mon incredibeul nuit de secouriste à la fête de la zizique cette année.
En fait, la fête, c'est un fait, a été super longue à démarrer. On s'est même demandé si on n'allait pas regagner nos pénates plus tôt que prévu. A vingt heures les gens devaient manger leur soupe froide devant la figure du PPDA dans le cadre cathodique, parce que dehors y avait pas un chat gâleux (ou alors il sentait pas bon) devant les micro-scènes où s'égosillaient quelques recalés de la Nouvelle Star. Bref, ça virait doucement à la défaite de la musique, c't'affaire-là !
Puis, on a nettement senti que la météo de Sébastien Folin était finie, il y a eu comme un sursaut, et finalement un peu de foule.
Il y a dans la nature des lois inaltérables. Par exemple celle-ci : un peu de foule, ça veut dire aussi un peu de flics représentants de la force publique. En général (de brigade), il y a un respect mutuel entre les forces de l'ordre et les secouristes, comme chez certains animaux de la savane lorsqu'ils se retrouvent autour du point d'eau, les uns donnant souvent de la besogne aux autres. Il n'est pas rare de récupérer des viandes saoûles que nos amis vêtus de bleu nous ramènent complaisamment à l'ambulance. De là nous nous retrouvons souvent à tailler une bavette (avec les roussins, hein, pas dans la victime !). C'est pas l'effusion affective, mais on communique. D'abord parce qu'on est un peu là pour la même raison (la sécurité du public), chacun dans sa partie évidemment, ensuite parce qu'ils nous sont quand même bien utiles quand on se fait caillasser ou chahuter par des victimes (ou des tiers) un peu "agitées".
Jeudi soir, nous n'avons donc pas dérogé à cette règle implicite de bon voisinage.
On papote donc avec les pandores.
Et là, on apprend qu'ils viennent tous de Besançon. Besançon ??? Mouhahaha !!! Ben quoi les gars, y a pas la fête de la musique à Besançon ? Ah ah ah ! Et puis tout d'un coup on a comme une vague angoisse : "Mais alors, où qu'y sont ceux de Stras-city, hein ? A Besançon ???" Pas de réponse. C'est quoi là ? Une invasion ? La Franche-Comté a décidé d'annexer l'Alsace ou quoi ?
Nous avons eu le temps de retourner cette hypothèse dans tous les sens, parce que, franchement, on n'a pas fait grand'chose jusqu'à deux heures du matin (à part une intervention au cours de laquelle on a vu débarquer les pompiers comme des cow-boys, et repartir presque aussitôt en laissant la victime sur-place, bravo les gars...). Mon équipe étant majoritairement composée de jeunes filles fraîchement formées (donc bon public pour les anecdotes des vieux crétins briscards rouleurs de mécaniques expérimentés comme le chef d'intervention et votre serviteur), la soirée se passa donc plaisamment.
Deux heures du mat', levée du dispositif après un interminable débriefing (pas mal pour un poste où il ne s'est pratiquement rien passé). Toutes les équipes mobilisées sont invitées à rentrer dans leur délégation respective avec les remerciements du directeur départemental.
Aïli-Aïlo, on rentre du boulot...
Et c'est là que les choses se sont un peu compliquées.
On entend s'affoler des collègues dans la radio : "On est à [tel endroit], on a besoin de renfort ! Ca chauffe, il y a de multiples victimes ! VENEZ VITE !!!"
Nous déroutons nos deux ambulances. Je mets les gyros et tente tant bien que mal de suivre la première ambulance sans écraser la foule. Tout-à-coup je vois des fusées éclairer le ciel dans la chaleur de la nuit. Moi, un peu surpris : "Tiens, ils avaient prévu un feu d'artifices cette année ?" Mon copilote n'a pas le temps de répondre. Une trainée de fumée coupe soudain la route en deux. Je comprends tout de suite (avantage de l'expérience pour une fois) que ce n'est PAS un feu d'artifices, mais qu'on est en plein coeur d'une charge de gendarmes. On commence d'ailleurs à les distinguer dans la brume. Le chef d'intervention l'a pigé aussi et hurle dans le micro : "Fermez les fenêtres ! On met les casques et les masques ! ET ON FAIT DEMI-TOUR !!!"
La manoeuvre est un peu difficile. Les bouteilles de bière et les cailloux volent bas, y a des d'jeun's qui courent partout, aveuglés par les lacrymogènes ; à tout moment je risque d'en écrabouiller un. On parvient quand même à se replier. Il est décidé de stationner les véhicules dans les rues perpendiculaires et d'aller à pinces voir l'état du chantier. Tout le monde descend. Je ne peux m'empêcher de lancer cette réplique que je remâchais depuis un moment : "Aaaaah, j'aime l'odeur des lacrymos au petit matin !"
Evidemment, je fais un four magistral. Bien fait pour ma poire, j'avais qu'à être un peu sérieux.
On arrive donc au milieu du champ de bataille, équipés de telle manière qu'on dirait un mix entre SOS Fantômes et Starship Troopers. Nous avons dû dégager rapidos une fois ou deux puisque les gendarmes, disposés comme la tortue romaine, étaient repris d'une frénésie anschlussienne. Si t'avances et que je recule, comment veux-tu, comment veux-tu que je soigne les victimes ? On a dansé le tango comme ça pendant quelques minutes (qui ont paru bigrement longues) et le calme est revenu peu à peu.
Nos victimes (très jeunes pour la plupart), gazées ou bousculées par les boucliers, posent toutes la même question : "Pourquoi ?" On ne sait quoi leur répondre ; on n'en sait fichtrement rien. On passait juste par là, nous. On soigne les irritations et les bosses, on réconforte comme on peut, on essaie de calmer les excités. On se surprend à souhaiter que certains rentrent fissa à Besançon, histoire de laisser retomber la pression.
Il est entre quatre et cinq heures du matin. Le jour commence paresseusement à se lever. Pour certains d'entre nous, il va être l'heure d'aller travailler ; il n'y aura donc pas de nuit. Nous rentrons au local. Nettoyage des ambulances et du matériel, remplacement de ce qui a été utilisé, rapide débriefing... on peut enfin rentrer chez nous.
Que restera-t-il de cette nuit ? Des images de guerre urbaine, une odeur persistante sur les vêtements, une gorge qui pique, des visages en larmes, des ados alcoolisés à l'extrême, des équipiers secouristes qui ont connu le baptême du feu avec un sang-froid impeccable, le sentiment d'une fête gâchée.
Et pour moi, quand même, le souvenir d'un moment rigolo, quelques heures avant la bataille, sur le poste de secours. Un jeune couple passe. La demoiselle, fort blonde et fort jolie, regarde vers l'ambulance. Je souris (je n'ai toujours pas compris pourquoi, mais enfin bon... On va dire que c'était un réflexe !). Elle me rend le sourire et s'exclame : "Vous êtes charmant monsieur !" Un ange passe. Elle a l'air sincère. Le mec me fusille du regard, colle un taquet à sa copine et - avant qu'on ait eu le temps de dire "défibrillateur semi-automatique" - l'éloigne prestement. Je n'en reste pas moins flatté, devant l'air goguenard de mes petits camarades. J'ai eu Les Passantes de Brassens en tête pendant le reste de la soirée.
A tout prendre, je crois que je préfère rester sur cette image...
23 juin 2007
La croix et la bannière
Conscient que le suspense devient insoutenable, voici un bref aperçu des incredibeuls aventures d'une poignée de secouristes (dont votre dévoué docteur) au milieu d'une guerre urbaine aussi impitoyable que lacrymale.
A suivre... (peut-être...)
22 juin 2007
Il y a un an, y a un siècle, y a une éternité...
L'année dernière, pour moi, la fête de la zizique c'était ça :
"Plus j'y repense, plus je me dis que, finalement, c'est une mauvaise idée de vous narrer par le menu le récit de mes exploits de spécialiste du massage cardiaque et du bouche-à-bouche.
C'est vrai, ce genre de littérature doit être éprouvant pour vous, si chers (parce que si rares) lecteurs. Oui, enfin, Doc, un peu de tenue ! Nous ne savons pas à qui nous avons affaire ! Peut-être êtes-vous sensibles, faciles à dégoûter, "nareux" comme disent les Mosellans ? Alors à quoi bon essayer de vous divertir avec des histoires de viande saoule en grande expérimentation de "Moi-aussi-je-customise-mes-fringues-avec-du-vomi" ? A quoi bon tenter de vous arracher un sourire indulgent en évoquant ces secouristes mâles, le front haut, l'oeil aux aguets, le sourire indestructible, les muscles bandés et le stétoscope en bandoulière pour impressionner, voire charmer, une gent féminine incroyablement nombreuse ?
Non, c'est peine perdue, j'y renonce.
Dommage. Je ne vous conterai donc pas comment nous nous sommes retrouvés à sept à l'arrière de l'ambulance...
C'est ce qui arrive quand on a DEUX victimes et UNE ambulance.
Bref, pendant que je soignais le pied d'une charmante jeune fille aux cheveux flamboyants comme les rayons du soleil, mes collègues rafistolaient l'autre pied d'une autre charmante jeune fille, chinoise de surcroît et ne parlant pas un mot de français. Heureusement son compagnon, tout aussi chinois, assurait tant bien que mal la traduction. Mais allez faire comprendre "On va faire un bilan : ventilation, pouls, tension", déjà que, même dans leur langue maternelle, les trois quarts de nos victimes ne voient pas trop à quelles tortures on veut les soumettre... Et essayez la même chose avec les mains (pour mieux appuyer les propos) quand elles sont couvertes de gants en latex ! Là, en général, la victime tourne de l'oeil. Mais non, notre petite chinoise a relevé le défi bravement, sans la moindre plainte ni grimace. Respect.
C'est avec une lumière admirative dans nos regards d'airain que nous la regardâmes s'en aller, fièrement cramponnée à sa robuste monture, ou, dit autrement, à califourchon sur le dos de son copain. Héroïque, le tableau. Et émouvant aussi.
Mais revenons-en à ma blonde victime.
Pendant que mes amis faisaient dans le pansement sinophile, je m'employais à nettoyer et désinfecter consciencieusement la plaie de la demoiselle. Faute de place je me retrouvais donc à genoux devant elle, nonchalamment assise sur la banquette, son petit pied reposant sur mon genou. Il y avait un petit côté Cendrillon dans la posture... Il faisait une chaleur torride aussi, moins à cause de notre promiscuité que de la densité anormalement élevée de secouristes et de victimes au mètre carré. C'est donc en sueur que je m'acharnais à lui faire le plus beau pansement de ma carrière pendant qu'elle se délectait d'une glace Häagen-Dazs. J'ai rarement vécu plus invraissemblable situation dans ce contexte ! Et que vouliez-vous que je lui dise ? A part "Attention, ça coule" ?
En fait, nous avons fait cela une bonne partie de la soirée. Je n'ai jamais vu défiler autant de pieds entaillés ! On aurait presque pu faire un concours d'orteils... L'équation était pourtant fort simple : nombreuses bouteilles jetées par-terre + joli tapis pur tessons + grosse chaleur + jeunes filles en tong = un pied à soigner toutes les deux minutes + un secouriste exclusivement affecté au rinçage de tongs pleines de sang. Gratifiant, n'est-ce pas ?
Mais nous avons également eu droit à quelques morceaux de bravoure, notamment un message radio d'une autre équipe de secours, qui donnait à peu près ça : "Nous sommes en présence d'une victime qui fait un malaise et qui ne se sent pas bien". Bon. Je rappelle pour tout le monde la définition du malaise : "Etat d'une personne qui n'est pas à son aise et qui a la sensation pénible d'un trouble dans les fonctions physiologiques". On peut donc légitimement supposer que la victime qui fait un malaise a peu de chance de se sentir super en forme ! Mais je ne connais peut-être pas toutes les pathologies non plus...
Enfin, j'ai râté une belle occasion d'améliorer nos finances ! Un couple est en effet venu me demander s'il pouvait "le faire" dans l'ambulance. J'ai réagi un peu vivement. Je le regrette. Ca doit pouvoir se monnayer cette affaire-là... A méditer, donc.
Après ce débalage nocturne de pieds, de bons mots et d'hormones, nous pûmes enfin rejoindre nos pénates. Coucher 4h00, lever 6h00 : une bonne nuit de sommeil avant d'attaquer le boulot ! Grandeurs et servitudes d'une vie de secouriste...
Engagez-vous, rengagez-vous, qu'y disaient !"
...
Et ben cette année, CE FUT PIRE !!!
(A suivre...)










