L'incredibeul Dr Ffolkes

Radiologue du quotidien, le Dr Ffolkes est surtout un grand malade. Vous ne comprenez pas ? Vous voulez que je vous fasse un dessin ?

29 juin 2007

hOAAx

Toujours partant pour de nouvelles expériences toutes plus poilantes les unes que les autres, j'ai tenté la réunion d'information sur l'adoption, rondement organisée par mon Conseil général préféré.

Bin ça donne pas envie...

Non pas d'adopter ; après tout les pauvres mômes en attente d'une famille et de l'amour qui va avec n'y sont pour rien, eux.
Non, ce qui est désespérant, c'est tout le barnum qu'il y a autour.
Les zinstitutions, comme on dit.
Et parfois leurs représentants.

Telle cette psychologue ennuyeuse à mourir qui nous a expliqué - dans une ambiance digne d'une secte de  Bisounours préparant un suicide collectif - qu'on allait être étudié en long, en large et en profondeur (je crains le pire...) sur nos aptitudes parentales, nos comportements quotidiens (Alcoolophile comme je suis, c'est déjà foutu !), nos projets pour l'enfant (Si je dis que je le vois au minimum énarque, banquier ou élève à la Star Academy, ça va, j'ai bon ? Cela rattrape la question précédente ?), etc.
Déjà, là, j'étais moins jouasse à l'idée de faire entrer chez moi quelqu'un qui allait me dépiauter à la recherche d'un éventuel point faible (ce blog par exemple !).

Mais il y a eu encore plus affligeant en la personne d'une représentante des O.A.A. (Organismes autorisés pour l'adoption). C'est la première fois que je vois une dinde sur le retour représenter les OAA. En fait de dinde, c'était plutôt une mémère permanentée avec une petite voix compatissante à la limite du chuchotement plaintif.
Au départ, on aurait dit qu'elle militait pour l'opération "Pièces jaunes".
Le discours, lui, c'était plutôt opération "Tupeutla". Je n'ai malheureusement pas eu la force de noter les conneries qu'elle nous a servies, sur le mode Vous-avez-autant-de-chance-d'y-parvenir-que-Vincent-Delerm-de-gagner-l'Eurovision.
A l'arrivée, donc, elle semblait carrément sortir d'une messe après avoir prononcé son plus bel éloge funèbre.
En fait, cette vieille chouette nous a joué l'anti-briefing militaire. Je m'explique : à l'Armée, quand le chef doit vous prévenir que vous allez en chier grave, il le fait avec une voix virile et forte qui ne souffre aucun tremblement ni hésitation, pas avec une voix doucereuse et soporifique. On annonce la lecture de la première lettre de Saint Paul apôtre aux Ephésiens avec une voix pareille, pas le début d'un parcours du combattant !

Bref, pas motivante du tout - et même limite décourageante - cette réunion des A.A.
(NDR : Si, si, je vous jure que ça y ressemblait fort ! Euh, ça existe les Adoptants Anonymes ???)
Pas plus que la perspective d'une intrusion d'institutionnels forcément compétents qui décerneront (ou pas) le diplôme de parents du mois accompagné d'un permis d'élever en bonne et due forme. Permis d'élever qui - si j'en crois ce que j'ai entendu hier - ressemble plus à un permis de chasse à l'enfant.
Beûrk !
Ecoeurant.

Posté par Dr Ffolkes à 14:55 - Godzilla qui ne va pas ? - Permalien [#]


27 juin 2007

On veut des légendes...

Quand je serai grand, je ferai des dessins-animés pour les nenfants. Je crois que j'ai un créneau. D'ailleurs, m'inspirant de l'engouement de certains pour les personnages spongieux et sans saveur, j'ai créé un nouveau héros des temps modernes :

Bob_l_Etron_1

Bob_l_Etron_2

Bob_l_Etron_3

Modeste contribution à l'oeuvre des Tontons, bande de sales gamins oeuvrant héroïquement pour une blogosphère moins niaise et moins kikoololisante, loin des bien-pensants, des guimauves sirupeuses, des handicapés de l'humour, des pisse-petit et des fesse-matthieu. Il paraît que nous ne sommes pas toujours du meilleur goût et qu'on sent la gauloiserie à des kilomètres, mais venant de certains ce serait presque un compliment...

Posté par Dr Ffolkes à 21:26 - Bob l'Etron - Permalien [#]

26 juin 2007

Il est fort, ce Jean-Claude !

Quand j'ai vu ça à la téloche, je n'en ai pas cru mes yeux. Pourtant si, c'est bien lui... IL EST VIVANT !!!


Jean Claude Vandamme Virgin mobile

Ce mec est pas croyable !

Posté par Dr Ffolkes à 22:48 - Le visiotron - Permalien [#]

Dansons la carmagnole, vive le son du canon !

Bon, comme promis, et parce que je vous sens un peu fébriles (ne me dites pas le contraire, je vous VOIS !), voici la suite de mon incredibeul nuit de secouriste à la fête de la zizique cette année.

En fait, la fête, c'est un fait, a été super longue à démarrer. On s'est même demandé si on n'allait pas regagner nos pénates plus tôt que prévu. A vingt heures les gens devaient manger leur soupe froide devant la figure du PPDA dans le cadre cathodique, parce que dehors y avait pas un chat gâleux (ou alors il sentait pas bon) devant les micro-scènes où s'égosillaient quelques recalés de la Nouvelle Star. Bref, ça virait doucement à la défaite de la musique, c't'affaire-là !
Puis, on a nettement senti que la météo de Sébastien Folin était finie, il y a eu comme un sursaut, et finalement un peu de foule.

Il y a dans la nature des lois inaltérables. Par exemple celle-ci : un peu de foule, ça veut dire aussi un peu de flics représentants de la force publique. En général (de brigade), il y a un respect mutuel entre les forces de l'ordre et les secouristes, comme chez certains animaux de la savane lorsqu'ils se retrouvent autour du point d'eau, les uns donnant souvent de la besogne aux autres. Il n'est pas rare de récupérer des viandes saoûles que nos amis vêtus de bleu nous ramènent complaisamment à l'ambulance. De là nous nous retrouvons souvent à tailler une bavette (avec les roussins, hein, pas dans la victime !). C'est pas l'effusion affective, mais on communique. D'abord parce qu'on est un peu là pour la même raison (la sécurité du public), chacun dans sa partie évidemment, ensuite parce qu'ils nous sont quand même bien utiles quand on se fait caillasser ou chahuter par des victimes (ou des tiers) un peu "agitées".
Jeudi soir, nous n'avons donc pas dérogé à cette règle implicite de bon voisinage.
On papote donc avec les pandores.
Et là, on apprend qu'ils viennent tous de Besançon. Besançon ??? Mouhahaha !!! Ben quoi les gars, y a pas la fête de la musique à Besançon ? Ah ah ah ! Et puis tout d'un coup on a comme une vague angoisse : "Mais alors, où qu'y sont ceux de Stras-city, hein ? A Besançon ???" Pas de réponse. C'est quoi là ? Une invasion ? La Franche-Comté a décidé d'annexer l'Alsace ou quoi ?

Nous avons eu le temps de retourner cette hypothèse dans tous les sens, parce que, franchement, on n'a pas fait grand'chose jusqu'à deux heures du matin (à part une intervention au cours de laquelle on a vu débarquer les pompiers comme des cow-boys, et repartir presque aussitôt en laissant la victime sur-place, bravo les gars...). Mon équipe étant majoritairement composée de jeunes filles fraîchement formées (donc bon public pour les anecdotes des vieux crétins briscards rouleurs de mécaniques expérimentés comme le chef d'intervention et votre serviteur), la soirée se passa donc plaisamment.

Deux heures du mat', levée du dispositif après un interminable débriefing (pas mal pour un poste où il ne s'est pratiquement rien passé). Toutes les équipes mobilisées sont invitées à rentrer dans leur délégation respective avec les remerciements du directeur départemental.

Aïli-Aïlo, on rentre du boulot...

Et c'est là que les choses se sont un peu compliquées.

On entend s'affoler des collègues dans la radio : "On est à [tel endroit], on a besoin de renfort ! Ca chauffe, il y a de multiples victimes ! VENEZ VITE !!!"
Nous déroutons nos deux ambulances. Je mets les gyros et tente tant bien que mal de suivre la première ambulance sans écraser la foule. Tout-à-coup je vois des fusées éclairer le ciel dans la chaleur de la nuit. Moi, un peu surpris : "Tiens, ils avaient prévu un feu d'artifices cette année ?" Mon copilote n'a pas le temps de répondre. Une trainée de fumée coupe soudain la route en deux. Je comprends tout de suite (avantage de l'expérience pour une fois) que ce n'est PAS un feu d'artifices, mais qu'on est en plein coeur d'une charge de gendarmes. On commence d'ailleurs à les distinguer dans la brume. Le chef d'intervention l'a pigé aussi et hurle dans le micro : "Fermez les fenêtres ! On met les casques et les masques ! ET ON FAIT DEMI-TOUR !!!"
La manoeuvre est un peu difficile. Les bouteilles de bière et les cailloux volent bas, y a des d'jeun's qui courent partout, aveuglés par les lacrymogènes ; à tout moment je risque d'en écrabouiller un. On parvient quand même à se replier. Il est décidé de stationner les véhicules dans les rues perpendiculaires et d'aller à pinces voir l'état du chantier. Tout le monde descend. Je ne peux m'empêcher de lancer cette réplique que je remâchais depuis un moment : "Aaaaah, j'aime l'odeur des lacrymos au petit matin !"
Evidemment, je fais un four magistral. Bien fait pour ma poire, j'avais qu'à être un peu sérieux.

On arrive donc au milieu du champ de bataille, équipés de telle manière qu'on dirait un mix entre SOS Fantômes et Starship Troopers. Nous avons dû dégager rapidos une fois ou deux puisque les gendarmes, disposés comme la tortue romaine, étaient repris d'une frénésie anschlussienne. Si t'avances et que je recule, comment veux-tu, comment veux-tu que je soigne les victimes ? On a dansé le tango comme ça pendant quelques minutes (qui ont paru bigrement longues) et le calme est revenu peu à peu.
Nos victimes (très jeunes pour la plupart), gazées ou bousculées par les boucliers, posent toutes la même question : "Pourquoi ?" On ne sait quoi leur répondre ; on n'en sait fichtrement rien. On passait juste par là, nous. On soigne les irritations et les bosses, on réconforte comme on peut, on essaie de calmer les excités.  On se surprend à souhaiter que certains rentrent fissa à Besançon, histoire de laisser retomber la pression.

Il est entre quatre et cinq heures du matin. Le jour commence paresseusement à se lever. Pour certains d'entre nous, il va être l'heure d'aller travailler ; il n'y aura donc pas de nuit. Nous rentrons au local. Nettoyage des ambulances et du matériel, remplacement de ce qui a été utilisé, rapide débriefing... on peut enfin rentrer chez nous.

Que restera-t-il de cette nuit ? Des images de guerre urbaine, une odeur persistante sur les vêtements, une gorge qui pique, des visages en larmes, des ados alcoolisés à l'extrême, des équipiers secouristes qui ont connu le baptême du feu avec un sang-froid impeccable, le sentiment d'une fête gâchée.
Et pour moi, quand même, le souvenir d'un moment rigolo, quelques heures avant la bataille, sur le poste de secours. Un jeune couple passe. La demoiselle, fort blonde et fort jolie, regarde vers l'ambulance. Je souris (je n'ai toujours pas compris pourquoi, mais enfin bon... On va dire que c'était un réflexe !). Elle me rend le sourire et s'exclame  : "Vous êtes charmant monsieur !" Un ange passe. Elle a l'air sincère. Le mec me fusille du regard, colle un taquet à sa copine et - avant qu'on ait eu le temps de dire "défibrillateur semi-automatique" - l'éloigne prestement. Je n'en reste pas moins flatté, devant l'air goguenard de mes petits camarades. J'ai eu Les Passantes de Brassens en tête pendant le reste de la soirée.

A tout prendre, je crois que je préfère rester sur cette image...

Posté par Dr Ffolkes à 10:42 - Attelle et portation - Permalien [#]

23 juin 2007

La croix et la bannière

Conscient que le suspense devient insoutenable, voici un bref aperçu des incredibeuls aventures d'une poignée de secouristes (dont votre dévoué docteur) au milieu d'une guerre urbaine aussi impitoyable que lacrymale.

F_te_de_la_zique_1

F_te_de_la_zique_2

F_te_de_la_zique_3

A suivre... (peut-être...)

Posté par Dr Ffolkes à 23:12 - Attelle et portation - Permalien [#]

22 juin 2007

Il y a un an, y a un siècle, y a une éternité...

L'année dernière, pour moi, la fête de la zizique c'était ça :

"Plus j'y repense, plus je me dis que, finalement, c'est une mauvaise idée de vous narrer par le menu le récit de mes exploits de spécialiste du massage cardiaque et du bouche-à-bouche.
C'est vrai, ce genre de littérature doit être éprouvant pour vous, si chers (parce que si rares) lecteurs. Oui, enfin, Doc, un peu de tenue ! Nous ne savons pas à qui nous avons affaire ! Peut-être êtes-vous sensibles, faciles à dégoûter, "nareux" comme disent les Mosellans ? Alors à quoi bon essayer de vous divertir avec des histoires de viande saoule en grande expérimentation de "Moi-aussi-je-customise-mes-fringues-avec-du-vomi" ? A quoi bon tenter de vous arracher un sourire indulgent en évoquant ces secouristes mâles, le front haut, l'oeil aux aguets, le sourire indestructible, les muscles bandés et le stétoscope en bandoulière pour impressionner, voire charmer, une gent féminine incroyablement nombreuse ?
Non, c'est peine perdue, j'y renonce.

Dommage. Je ne vous conterai donc pas comment nous nous sommes retrouvés à sept à l'arrière de l'ambulance...
C'est ce qui arrive quand on a DEUX victimes et UNE ambulance.
Bref, pendant que je soignais le pied d'une charmante jeune fille aux cheveux flamboyants comme les rayons du soleil, mes collègues rafistolaient l'autre pied d'une autre charmante jeune fille, chinoise de surcroît et ne parlant pas un mot de français. Heureusement son compagnon, tout aussi chinois, assurait tant bien que mal la traduction. Mais allez faire comprendre "On va faire un bilan : ventilation, pouls, tension", déjà que, même dans leur langue maternelle, les trois quarts de nos victimes ne voient pas trop à quelles tortures on veut les soumettre... Et essayez la même chose avec les mains (pour mieux appuyer les propos) quand elles sont couvertes de gants en latex ! Là, en général, la victime tourne de l'oeil. Mais non, notre petite chinoise a relevé le défi bravement, sans la moindre plainte ni grimace. Respect.
C'est avec une lumière admirative dans nos regards d'airain que nous la regardâmes s'en aller, fièrement cramponnée à sa robuste monture, ou, dit autrement, à califourchon sur le dos de son copain. Héroïque, le tableau. Et émouvant aussi.

Mais revenons-en à ma blonde victime.
Pendant que mes amis faisaient dans le pansement sinophile, je m'employais à nettoyer et désinfecter consciencieusement la plaie de la demoiselle. Faute de place je me retrouvais donc à genoux devant elle, nonchalamment assise sur la banquette, son petit pied reposant sur mon genou. Il y avait un petit côté Cendrillon dans la posture... Il faisait une chaleur torride aussi, moins à cause de notre promiscuité que de la densité anormalement élevée de secouristes et de victimes au mètre carré. C'est donc en sueur que je m'acharnais à lui faire le plus beau pansement de ma carrière pendant qu'elle se délectait d'une glace Häagen-Dazs. J'ai rarement vécu plus invraissemblable situation dans ce contexte ! Et que vouliez-vous que je lui dise ? A part "Attention, ça coule" ?

En fait, nous avons fait cela une bonne partie de la soirée. Je n'ai jamais vu défiler autant de pieds entaillés ! On aurait presque pu faire un concours d'orteils... L'équation était pourtant fort simple : nombreuses bouteilles jetées par-terre + joli tapis pur tessons + grosse chaleur + jeunes filles en tong = un pied à soigner toutes les deux minutes + un secouriste exclusivement affecté au rinçage de tongs pleines de sang. Gratifiant, n'est-ce pas ?

Mais nous avons également eu droit à quelques morceaux de bravoure, notamment un message radio d'une autre équipe de secours, qui donnait à peu près ça : "Nous sommes en présence d'une victime qui fait un malaise et qui ne se sent pas bien". Bon. Je rappelle pour tout le monde la définition du malaise : "Etat d'une personne qui n'est pas à son aise et qui a la sensation pénible d'un trouble dans les fonctions physiologiques". On peut donc légitimement supposer que la victime qui fait un malaise a peu de chance de se sentir super en forme ! Mais je ne connais peut-être pas toutes les pathologies non plus...

Enfin, j'ai râté une belle occasion d'améliorer nos finances ! Un couple est en effet venu me demander s'il pouvait "le faire" dans l'ambulance. J'ai réagi un peu vivement. Je le regrette. Ca doit pouvoir se monnayer cette affaire-là... A méditer, donc.

Après ce débalage nocturne de pieds, de bons mots et d'hormones, nous pûmes enfin rejoindre nos pénates. Coucher 4h00, lever 6h00 : une bonne nuit de sommeil avant d'attaquer le boulot ! Grandeurs et servitudes d'une vie de secouriste...

Engagez-vous, rengagez-vous, qu'y disaient !"

...

Et ben cette année, CE FUT PIRE !!!

(A suivre...)

Posté par Dr Ffolkes à 22:22 - Attelle et portation - Permalien [#]

21 juin 2007

Je suis un mutant

C'est officiel, ça y est, je mute.

Comme une ironie, c'est au moment où j'envisageais sérieusement de me reconvertir qu'on m'offre un poste franchement plus intéressant.

Je fais un gigantesque bond de 6,5 km vers l'ouest, ce qui me donne le secret espoir d'être un premier pas vers le rapprochement océanique. Tenez, rien que de l'écrire, je sens déjà les embruns.

Je vais donc prochainement intégrer une équipe plus petite, féminine à 100%, avec davantage de responsabilités. (Quel est le plaisantin qui vient de crier "Au fou !" ?) Il est vrai que, vue la moyenne d'âge, je risque de découvrir les joies des réunions Tupperware...
"Mais responsable de quoi exactement ?", ne manquerez-vous pas de me demander, bande de petits curieux ! Eh bin, responsable du fonds de DVD, avec une thématique privilégiée dans les "films de l'étrange".
Et ça, bin c'est GE-NIAL ! A moi les films de la Hammer avec Peter Cushing, Christopher Lee, Vincent Pryce, Bela Lugosi ou Boris Karloff ! A moi la collection complète des Godzilla ! A moi John Carpenter, George A. Romero et Max Pécas !

Mais en fait, ce ne sera que la moitié de ma fonction. L'autre consistera vraisemblablement à gérer les collections de BD... Et là je ne dirai qu'un mot : YEAHOUHALALAPOUETPOUETYESYESYESYOUPIEXTRAMEGAGENIALRHÂÂÂJEJOUIS!!!

Adieu donc ce fascinant secteur où, pendant presque deux ans, j'ai traité des ouvrages aussi ludiques et épanouissants que ceux-ci :

docteurjailaprostate  jevends essordesautomatismes

combattrelherp_s nainsdejardin _logedelafesse

lanneaugastrique mieuxvivrelarthrose wclavabos

pathologiedutesticule pourquoilatartine infectionsORLdelenfant

Bon, ben je vous laisse, il faut que j'aille jouer à l'Euromillions.

Mais je ne partirai pas sans ce clin d'oeil affectueux pour Miss Ciguë (que j'embrasse) :

camarades__
(Extrait de "Le gang Mazda accélère" par Tome et Darasse - Dupuis, 1995)

Posté par Dr Ffolkes à 12:25 - Yéti c'est, celui-là ? - Permalien [#]

20 juin 2007

Dans la Marine un jour...

... dans la Marine toujours, selon l'adage.

Bon, je n'ai pas grand'chose à raconter en ce moment, alors je dépoussière de vieilles histoires, que mon récent séjour breton a remontées à la surface.
Alors je me souviens, oui, je me souviens...

Un jour, il y a fort fort longtemps, j'ai fichu les pieds dans un CIO. Involontairement, c'est grâce à eux que ma vie a changé. Trèèèèès involontairement.

Un CIO (ndr : Centre d'Information et d'Orientation), c'est un bureau poussiéreux où s'entassent des revues périmées expliquant par A+B que le métier d'agent de police est passionnant, bien que réservé à des individus de plus de 170 cm (ET là, moi je crie au racisme ! Même si, en même temps, je m'en fous un peu...). On y est accueilli par des gens très très gentils, souvent un peu vieux vieux, mais bon, on se dit que eux, au moins, c'est pas comme les parents, ils ont de l'EXPERIENCE. Et en plus, certains sont à moitié psy, alors...

Alors, un beau jour, excédé par la litanie des cours et des examens, qu'on soit lycéen acnéïque (ta mère) ou étudiant (poil aux dents - merci Renaud) alcoolo-glandouilleur, on pousse tous, fatalement, la porte branlante d'un CIO.

J'étais l'un de ces facqueux alcoolo-glandouilleurs et, après trois ans de bons et loyaux services j'estimais que j'avais gagné le droit de pousser ladite porte et d'entrer enfin dans le monde réel de la vie active (Parce qu'avant, c'est bien connu, t'en branle pas une...). Sauf que la vie active, je ne savais pas par quel bout l'attaquer. D'où le CIO. J'ai fouillé, farfouillé, compulsé, consulté, dérangé, empilé, noté, raturé, photocopié... et, au final, de guerre lasse, je me suis résigné à demander l'aide d'une conseillère centenaire (elle, elle devait en savoir plein plein des bons trucs). Elle m'a gentiment ramené à ce que j'avais déjà fouillé, farfouillé, compulsé, consulté, dérangé, empilé, noté, raturé, photocopié. Stupeur. Mêlée à une certaine incrédulité. J'ai bredouillé que j'avais déjà fait le tour, et plusieurs fois, et que je n'avais rien trouvé. Elle rétorqua que j'avais mal cherché. Logique. J'ai donc de nouveau fouillé, farfouillé, compulsé, consulté, dérangé, empilé, noté, raturé, photocopié. Sans plus de résultat.

Je m'en ouvre à l'hôtesse caduque. Qui m'assène, péremptoire : "Alors, c'est qu'il n'y a rien !"

RIEN.

Le vide absolu, le néant total, l'inanité abyssale.

Trois ans de fac... pour ça ?

J'ai failli atomiser la con-seillère, mais je me suis retenu, rapport à son grand âge. Et je suis ressorti du lieu maudit, le coeur vide, l'esprit embrumé, le désespoiromètre au beau fixe.

Dans la rue, pas loin, mes yeux se sont posés par hasard sur une enseigne : "Marine nationale". Mon coeur a fait un bon dans ma vaste poitrine, mon sang a recommencé à circuler, mes racines celtes avaient soif à nouveau. J'y suis entré comme un diable sortant de sa boîte, et tombais nez à nez avec un sergent recruteur (Je n'appris que plus tard qu'on appelait ça, fort justement, un "premier maître") moustachu et fort en gueule. Il me dévisagea avec le regard d'un homme qui sait jauger les schtroumpfs dans mon genre au premier coup d'oeil :

"Qu'est-ce qui veut, le jeune homme ?
- Y veut s'engager.
- Ah ? Et il a quoi, comme formation ?
- Une licence.
- IV ? (Mouarf, ouarf, ouarf !)
- Non, une licence d'Histoire.
- ...
- Euh, ben si, c'est vrai.
- Et ben, c'est pas gagné."

Certes non. On a parlé longtemps. De mes motivations, des possibilités, des concours, de son parcours... Des hommes comme lui, j'allais en rencontrer (plein) d'autres : francs, massifs, fiers... et généreux. Celui-là aurait pu couper court, me prendre par la peau du derrière et me jeter dehors comme un alcoolique de saloon. Il ne l'a pas fait. Il m'a dit de prendre du temps, de réfléchir, de "tester" le milieu en faisant une préparation militaire marine, je finirais bien par prendre ma décision ensuite, en connaissance de cause.

J'ai rempli un dossier. Le premier. Quelques temps plus tard, je touchais mon premier pompon rouge.
J'ai quand même fini cette p*** de fac, je ne sais plus pourquoi, par facilité ou pour faire plaisir aux parents peut-être. Deux ans plus tard, donc, je débarquais par le train de nuit à Lorient. Au petit matin, habillé en pingouin, beau comme à la parade malgré ma nuit dans le train à bidasses, j'atteignais la rue de la Cale Ory (Tout jeu de mots sur le nom de cette rue serait malvenu, car un peu lourd). Au loin se profilaient les plus belles années de ma vie.

Le virus de la mer, des escales aux pubs avec les copains (notamment ceux du bagad), de la vie "à bord", des promenades romantiques sur la plage en hiver... ce virus m'a vite contaminé. Il est toujours là, même si, un jour, par amour et par naïveté, j'ai posé sac à terre. Ce jour-là je m'en souviens comme d'une blessure ; je n'ai pas pu retenir mes larmes en passant l'aubette. Il y a des décisions qu'on regrette toute une vie.

Je me souviens vaguement d'avoir été militaire. Mais j'ai été, je suis et je resterai un marin.

Posté par Dr Ffolkes à 11:48 - Yéti c'est, celui-là ? - Permalien [#]

14 juin 2007

Biniouland of Justice

Chose promise, chose due (poil au front).

Mes bons amis les Justes, ce n'est pas sans une certaine émotion que je peux vous révéler aujourd'hui cette information si sensationnelle (jolie allitération) que le Hefbiaille, la Céhiha ou les Men in black tueraient pour elle : la Bretagne est la Terre promise des Justes !
Tout au long de mon périple armoricain - ingénieusement travesti sous le terme fallacieux de "vacances" afin de ne pas être inquiété - j'ai glané çà et là des preuves de ce que j'avance. En voici une qui se passe de commentaires :

Ploun_our_M_nez_2

Mais ne nous y trompons pas ! L'ennemi rôde alentour, et particulièrement dans les lieux (communs) d'aisance, comme ce cliché - pris sur le vif - le prouve :

La_Martyre_14

Et l'invasion laurélienne, tant redoutée, a déjà commencé :

vache

Ce ne sont malheureusement pas les pittoresques tentatives de la Djil'bi et de son leader à grandes zoreilles qui pourront y changer grand-chose...

La_Roche_Maurice_8

D'ailleurs, le vétuste quartier général de cette ligue mourante est trop facile à trouver pour représenter un rempart efficace contre les malfaisants de la blogosphère.

Jardin_Delaselle_14 Grand_Rocher

Heureusement, les Justes, eux, veillent au grain (de houblon) !

Ploun_our_M_nez

Alors tenons bon, tatas et tontons, notre juste combat n'est pas sans péril, ni sans perspectives carcérales, mais il est noble et courageux. Nous nous devons de la mener à bien pour qu'un jour, dans les temples du ponant, le fier peuple celte érige des statues à la gloire des Justes. La route est longue, la pente est raide mais le mouvement est en marche ; il a déjà commencé :

Commana_5 Commana_6

May the Justice be with you.

Amen !

Posté par Dr Ffolkes à 11:24 - Fantôme the road again - Permalien [#]

12 juin 2007

En passant par la Bretagne avec mon robot (sur un air connu...)

Pendant que Kouigna-Man, mon super robot géant, faisait huiler ses boulons à l'iode et au chouchenn, j'en ai profité pour m'évader un peu, à bord de ma navette de secours.

La_Roche_Maurice

(Maintenant, je crois que tout le monde est convaincu de mon admiration pour un autre docteur...)

Oui, lecteurs passionnés, attentifs et tondus (je ne parle pas de ceux qui restent à peine deux secondes sur la page d'accueil, y en a, je le sais, j'ai leur adresse IP !), et les lectrices aussi (surtout), oui - disais-je - j'ai retrouvé ma région, ma lande déserte sur laquelle une femme fredonne (pour son enfant et pour elle aussi), mes mouettes, mes ajoncs, mes fougères, mes clissons, la voilà la blanche hermine, toussa...
J'ai parcouru avec avidité les routes pen-ar-bediennes, cette si belle fin de terre que le monde entier nous envie, quelque part entre le ciel et la mer ; mais il faut que j'arrête la poésie sinon certains vont penser que j'ai mangé trop de galettes aux champignons qui font rire.

Revenons-en à nos artichauts.

A chaque étape, toujours soucieux d'oeuvrer pour l'Humanité que je suis, je me mis en quête de sujets d'étude allant de la trace d'une présence extra-terrestre dans les champs de betterave à la comparaison scientifico-gustative d'élixirs de longue vie aux noms enchanteurs : Duchesse Anne, Blanche Hermine, Tonnerre de Brest, Mutine, Mor Braz, Coreff, Tri Martolod... Vous me connaissez (ou pas), j'ai essayé d'être exhaustif.

Mais avant de commencer, petit détour par les Côtes d'Armor (à la vinaigrette) ou j'ai décidé de remettre un peu d'ordre sur la Côte de Granit Rose, parce que c'était vraiment le bordel, tous ces rochers posés en vrac.

Ploumanach_6 Ploumanach_7

Cela fait, j'ai pu attaquer mon périple culturel, au cours duquel j'ai croisé d'étranges créatures au visage rayonnant d'un bonheur totalement introspectif

Guimiliau_6

et d'autres carrément accueillants, comme cette vieille canaille d'Ankou.

La_Roche_Maurice_3

J'ai également pu constater :
- que les effets de la bière sur l'ouvrier breton du XVIème siècle ne sont pas du domaine de la légende. (Ne vous précipitez pas pour régler votre écran d'ordinateur : ce n'est RÉELLEMENT pas droit)

La_Martyre_5

- que certains chevaliers du temps jadis avaient trouvé une ingénieuse manière de porter ses testicules, lieu primordial de villégiature d'une descendance déjà gaillarde :

Locronan_2

- que des adorateurs du désespérant 300 n'ont pas perdu de temps pour ériger une statue à la gloire de Léonidas

Commana_2

pendant que d'autres rasent Saint Nicolas, peut-être pour le faire davantage ressembler à leur héros récemment élu. Sur le coup, j'ai cru que ce n'était pas l'index qu'il levait. Mais finalement si. En revanche, pas de trace du Père Fouettard...

St_Th_gonnec_10

(Un Saint Nicolas sans barbe ! Les fabricants alsaciens de pain d'épice en feraient une crise d'apoplexie...)

- que certains artistes ont manifestement abusé des galettes champignons mentionnées plus haut...

La_Roche_Maurice_5

Sinon, j'ai aussi traversé un bled où il est strictement interdit de stationner son chien dans les arbres.

Conner__2

(Oui, je sais, la photo n'est pas tip-top, mais là j'étais au pied du-dit arbre et - à l'inverse de nos amis les clébards, dont c'est l'une des particularités bien connues - je n'ai pas la faculté de grimper aux troncs dépourvus de ramure).

Mais, à force de traîner le pif en l'air, j'ai fini par me paumer et ne plus retrouver la mer. (Chienne de vie !)

Ile_de_Batz_9

Fort marri, pour ne pas dire carrément amer, j'ai dû recourir au légendaire sens de l'orientation des marins.

Ile_de_Batz_13

Mais il semblerait que je fusse allé un peu trop loin...

Jardin_Delaselle_6

Ce regrettable égarement ne m'en a pas moins permis de retrouver Demis Roussos qui - et c'est un scoop - s'est réincarné en arbre :

Jardin_Delaselle_4

J'ai aussi découvert quelques sex-toys 100% naturels, un vrai bonheur !

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Après toutes ces émotions, j'ai décidé de faire une retraite spirituelle sur une montagne. Et c'est ainsi qu'au prix d'héroïques efforts entièrement réalisés à la main et sans trucage, J'AI CONQUIS LES MONTS D'ARREE !!!

Roc_Tr_vezel

Une très belle et très bénéfique expédition donc. Un salutaire retour aux sources espéré depuis de trop nombreux mois. Et même si je ne suis pas allé traîner mes bottes sur les chemins tant parcourus du Morbihan, cela ne m'a pas empêché d'avoir une pensée pour les copains...

Locronan_7

Voilà. Bientôt, comme annoncé précédemment, je vous raconterai comment j'ai découvert que la Bretagne était aussi la terre des Justes, résistant envers, en blanc, en noir et contre tous aux pires adversités (Lipton).

To be continued.

Ah, euh, oui, une dernière chose encore : pendant tout le séjour, j'ai eu en tête cette phrase de Jean Yanne : "Heureusement que Jésus-Christ n'est pas mort dans son lit. Sinon, en Bretagne, il y aurait un sommier en granit à chaque carrefour."
Tu m'étonnes...

Commana

Posté par Dr Ffolkes à 21:47 - Fantôme the road again - Permalien [#]
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